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Dernière modification : le 27/07/2010

sermon de François d'Assise aus oiseaux

18e dimanche ordinaire C

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Bible de la liturgie
1er août 2010
Qohélet 1, 2; 2, 21-23
Psaume 89
Colossiens 3, 1-5.9-11
Luc 12, 13-21

La première lecture, celle du livre de Qohélet (l’Ecclésiaste) , tient des propos désabusés : « Vanité des vanités, tout est vanité ! ». « Tous ses jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. Cela est encore vanité ». Le mot est très fort. « Vanité » dans la Bible veut dire « buée ». La buée disparaît peu après que l’haleine la fait apparaître sur une vitre. Tout a beau scintiller sous le soleil, tout est vanité, tout est buée. « Buée des buées » dit l’Ecclésiaste, « vanité des vanités ».

Cette expérience tout homme doit la faire, qu’il le veuille ou non, qu’il soit scandalisé ou non. Notre vie a cet aspect de fragilité, d’évanescence auquel nul ne peut échapper .

Dans l’Evangile, Jésus précise qu’il n’est pas venu faire œuvre de juge de paix en aidant  les hommes à faire le partage de leur héritage : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ». La réponse de Jésus est claire : « Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire votre partage ? ». Là n’est pas son rôle. Il vient pour donner des valeurs, pour offrir du sens à la vie humaine. « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie de l’homme, fût-il dans l’abondance ne dépend pas de ses richesses ». Nous avons tous tendance à croire, volontairement ou involontairement, que la valeur de la vie d’un homme se mesure à ce qu’il a ou ce qu’il fait : richesse humaine, richesse financière, richesse de possibilités. Le Seigneur ne voit pas de cette façon là, il regarde au contraire d’une autre façon.

La petite parabole de l’homme riche nous instruit bien : un homme riche détruit ses greniers pour en construire de plus grands, pour entasser tout son blé et se donner des années de réserves. Le Seigneur se moque de lui : « Tu es fou : cette nuit même on te redemande ta vie. Et ce que tu as mis de côté, qui l’aura ? ». Et, dans cette petite formule, le Seigneur ramasse tout l’enseignement : « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même au lieu d’être riche en vue de Dieu ».

Il s’agit d’amour. Vous avez entendu, il s’agit d’être. Oui, il s’agit d’être ce que le Seigneur veut que nous soyons : tout tournés vers le mystère de Dieu pour le rencontrer et découvrir que toutes les richesses sont en lui et non pas dans les biens de la terre. Etre riche pour Dieu. Thésauriser non pas pour soi-même ni pour ce monde qui passe. Devenir riche « en vue de Dieu ». L'invisible richesse dont il est question ici et qui fait la substance même d'une vie, la seule valeur dont on puisse se prévaloir auprès de Dieu, c'est l'amour et les fruits qu'il produit : justice, vérité, plénitude de vie…

Et il est vrai que ces richesses d’être, si elles sont partagées fraternellement dès maintenant, sont de nature à embellir singulièrement la vie sur terre. Ce n'est pas l'argent que condamne le Christ, mais « l'âpreté au gain. » Aussi bien, rendus conscients de la fragilité des choses de ce monde, de la valeur des êtres et de la brièveté de la vie, écoutons la voix du Seigneur. Il nous engage à ne pas gaspiller notre existence mais à lui donner, au contraire, toute sa consistance, en la vivant au diapason du désir et de la générosité de Dieu. Une oraison de la liturgie le dit bien en demandant qu' « en faisant un bon usage des biens qui passent », les fidèles « s'attachent à ceux qui demeurent ».

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19e dimanche C

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Bible de la liturgie
08 aoûtt 2010
Sagesse 18, 6-9
Psaume 32
Hébreux 11, 1-2.8-19
Luc 12, 32-48

Cette Parole que le Seigneur nous adresse ce matin nous invite à être des hommes d'avenir. C'est intéressant d'entendre une telle invitation, à notre époque, où plus que jamais règne la peur de l'avenir. Ou, si ce n'est pas la peur qui domine, c'est l'absence de toute perspective d'avenir.

La première génération chrétienne, qui avait entendu Jésus annoncer son retour très proche, a vécu dans cette attente. Certains même, dans cette perspective, ont tout vendu, ont distribué leurs biens, ont arrêté toutes leurs occupations professionnelles et même leur vie familiale, pour se préparer à cette venue imminente, si bien que Paul en viendra à recommander aux destinataires de ses lettres de se remettre au travail, de reprendre leurs occupations journalières par la phrase célèbre : « Celui qui ne travaille pas qu’il ne mange pas ! » De même, lorsque Luc écrit son Evangile, il prend soin de féliciter ceux qui seront trouvés au travail, lors du retour du Seigneur. Une attente active, voilà la bonne attitude préconisée par l'évangéliste : le Seigneur reviendra, il l'a promis, mais on ne sait ni le jour ni l'heure. Heureux ceux qui vivront dans l'attente de ce moment-là, certes, mais pas dans l'oisiveté. Heureux le serviteur qui sera trouvé « en tenue de service. »

Ce rappel à l'ordre s'adresse à chacun de nous. La perspective d'un Retour du Seigneur ne hante pas nos esprits. Regardons ce qui motive nos actes, ce qui oriente notre vie : n'est-ce pas, le plus souvent le court terme ? Gagner de l'argent, s'assurer contre les aléas de l'existence, préparer sa retraite, se prémunir contre la maladie...Pouvons-nous dire sincèrement que notre vie est axée sur le jour de la Rencontre avec le Seigneur ? Nous faisons des projets, certes, mais pas à longue échéance. L'invitation du Seigneur à « veiller » ne nous intéresse pas directement.

Or Jésus répète inlassablement, tout au long de sa vie terrestre  qu’il nous faut veiller et rester attentifs aux signes précurseurs de son retour. C’est une annonce centrale de l'évangile. Il nous faut donc, non pas y prêter une attention polie, mais la prendre au sérieux, l'accueillir comme Parole de vie, capable de transformer notre existence quotidienne. C'est une question de foi. Une question de confiance. La lettre aux Hébreux nous donne en exemple Abraham. Pour lui, comme pour tous les « Pères » cités dans la suite du texte, la foi fut vraiment « un moyen de posséder ce qu'on espère et de connaître ce qu'on ne voit pas. » Lui, qui était un homme installé, un citoyen d'une ville prospère du Moyen Orient, va devenir un nomade, un perpétuel étranger sur une terre qui ne lui appartient pas, simplement parce qu'un jour une Parole d'un Dieu inconnu l'a mis en route. Il accueille la promesse extravagante que ce Dieu inconnu lui a faite : lui, le vieillard sans enfant, il aura une descendance « aussi nombreuse que les grains de sable au bord de la mer » ; lui, le nomade, est assuré que ses héritiers posséderont cette Terre que Dieu lui promet. De son vivant, il n'a pas vu la réalisation de la promesse, et pourtant, il a « marché », dans la confiance la plus absolue.

Avec notre mentalité scientifique, nous trouvons cela absurde. Marcher sans pouvoir vérifier, c'est impossible. En science, si on avance une hypothèse, c'est avec l'intention de la vérifier, sinon, elle reste une hypothèse non valable. Comment pourrait-on risquer sa vie sur une promesse d'un inconnu que, par surcroît, on ne voit pas ? Et pourtant ! Le beau risque de la Foi, c'est le beau risque de l'amour, ni plus ni moins. Car tout amour est un risque qu'on prend, sur la foi d’un petit « je t'aime » qui bouleverse tout. Et vous engagez votre vie entière sur cette parole. Sur un « Oui » prononcé un jour.

Le beau risque de la foi, chacun de nous est invité à le courir. Il va modifier toute notre existence, parce qu'il lui donnera sens et valeur. Notre vie quotidienne, nos jours et nos années, notre marche, parfois si incertaine, dans la nuit de notre temps, tout cela sera illuminé par cette attente active, ce profond désir, la Rencontre avec Celui qui nous fera asseoir à table et nous servira lui-même.

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Solennité de l'Assomption

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Bible de la liturgie
15 août 2010
Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab
Psaume 45
1 Corinthiens 15, 20-27a4
Luc1, 39-56

La plus grande fête mariale, et aussi la plus ancienne, est la Maternité de Marie que nous fêtons le 1er janvier. Si la liturgie de l’Assomption a plus d’éclat, c’est qu’elle est l’épanouissement complet de ce titre de Mère de Dieu. De cachée à Bethléem, de douloureuse au calvaire, elle s’épanouit aujourd’hui en maternité glorieuse. C’est la fête de l’été marial, de ses récoltes et de ses fruits, comme ceux que l’on engrange, sous nos latitudes, dès le mois d’août.

Plus profondément encore, cette fête est une célébration de la résurrection de Jésus dont l’assomption de Marie n’est qu’une extension. Marie est morte, comme tout être vivant, comme son Fils avant elle, puis, à sa mort, elle est ressuscitée, corps et âme, comme Jésus est ressuscité, et comme nous tous, nous l’espérons, nous ressusciterons un jour. Jésus est le premier à retourner au Père. La Vierge le suit, « aurore de l’Eglise triomphante, parfaite image de l’Eglise à venir », comme le chante la préface du jour.

Car le cœur de notre foi, c’est que le Christ est ressuscité le premier. Il n’est pas glorifié pour lui seul. Le but profond de sa résurrection d’entre les morts est de nous donner à nous aussi une résurrection semblable. C’est donc dans la résurrection de Jésus que l’assomption de Marie trouve son point de départ. Nous fêtons aujourd’hui une fête de Pâques prolongée en Marie – et en nous. Comme Jésus, elle avait été « à la peine ; il n’est que juste qu’elle fut à l’honneur », pourrait-on dire en pastichant une réplique célèbre de Jeanne d’Arc à ses juges. La fête de son triomphe est donc aussi la nôtre, pourvu que nous soyons de ceux qui seront au Christ quand il viendra. Son destin final annonce le nôtre, si, comme elle, nous sommes capables d’écouter la Parole et de la garder. A la femme qui s’exclamait : « Qu’elle est heureuse la femme qui t’a mis au monde et qui t’a allaité », Jésus répond : « Combien plus heureux celui(celle) qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde ». Il veut bien lui faire comprendre que la grandeur de sa mère est d’avoir cru à la parole de l’ange et d’avoir conduit toute sa vie, à travers bien plus de peines que de joies, en marchant sur la confiance en cette parole entendue au premier jour. Au matin de la nativité, l’évangile nous dit que « Marie gardait toutes ces choses en son cœur ». Garder, c’est abriter mais c’est encore permettre de faire grandir. Comme les fruits dans la serre, comme le tout-petit qui se développe dans le corps de sa mère. Ce qui fait la grandeur de Marie, c’est qu’elle est disciple, c’est qu’elle se met à l’écoute de la Parole, à l’écoute de son Fils, depuis le jour où elle l’a accueilli en son sein. Tout son chemin qui s’achève dans l’apothéose de l’exaltation est fait de cette attitude très simple : faire confiance à celui que Dieu nous donne. Ce qui fait Marie « heureuse et bénie », c’est d’avoir accueilli ce don, jusqu’au bout, jusqu’à la croix.

Nous sommes logés à la même enseigne. C’est notre aventure comme celle de Marie, comme celle de toute l’humanité. Méditons les images flamboyantes de l’Apocalypse. Il s’agit de mettre Dieu au monde ; il s’agit du passage du monde en Dieu. Que notre foi, comme celle de Marie, soit jour après jour, accueil de la Parole que Dieu nous adresse. Nous qui sommes encore en chemin, contemplons-la dans sa splendeur. C’est ainsi que nous serons dans le glorieux et splendide achèvement que Dieu nous prépare, à la mesure de notre foi.

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