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St Pierre Nolasque, prêtre (1189-1256),  St Thomas d'Aquin, prêtre, Dominicain, docteur de l'Eglise (1225-1274) - Mémoire

Calendrier liturgique 2011-2012 - Année "B"

Dernière modification de la page : 26-01-2012.


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Saint François

Quatrième dimanche ordinaire B

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Bible de la liturgie
29 janvier 2012
Deutéronome 18. 15-20
Psaume 94
1 Corinthiens 7, 32-35
Marc 1, 21-28

Marc nous raconte que, dès le sabbat arrivé, Jésus se rend à la synagogue. Il y prend la parole, ce qui est habituel pour tout homme adulte sachant lire distinctement l’hébreu. Mais là où il impressionne son auditoire, c’est par l’ « autorité » de ses paroles. Il fait autorité d’une autorité qui libère et fait grandir. On rencontre parfois de ces personnes qui nous laissent bouche bée, non tant par leurs paroles que par la manière dont elles les habitent. Il n’y pas chez elles d’hiatus entre leurs mots et leur vie profonde Jésus est de cette trempe. Quand il parle, on ne peut qu’être touché. Jésus est ce prophète semblable à Moïse dont parlait le première lecture, dans la bouche duquel Dieu a mis ses paroles..Plus encore : il ne dit pas la parole de Dieu. Il est la Parole de Dieu faite chair. Il ne se contente pas de la commenter, il la manifeste par sa seule personne. Il ne dit pas seulement la Bonne Nouvelle de Dieu : Il est cette Bonne Nouvelle.

Peut-être pourrions-nous regretter de n’avoir pas été ce jour là dans la synagogue de Capharnaüm pour l’entendre. Mais Jésus est toujours là. Il prononce encore les mêmes paroles, aussi fortes et aussi libres.. Il le fait par le livre de la Parole, par toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Il nous révèle la miséricorde du Père. En certaines circonstances, les paroles de l’Esprit nous sont données du fond du cœur. « Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Matthieu 10, 19-20). Chaque fois que nous lisons avec foi ainsi ces paroles, chaque fois que nous rejoignons notre cœur profond, nous permettons au Christ de parler aujourd'hui avec des mots d'aujourd'hui.

 « Il y avait dans leur synagogue un homme possédé par un esprit mauvais ». L’esprit impur ne l’a pas empêché d’aller à la synagogue le sabbat. Le fond de son cœur reste ouvert à Dieu. Mais il est habité par un esprit impur, c’est-à-dire par un esprit qui l’empêche d’être complètement lui-même. Nous sommes un mélange de bon et de mauvais qui ne nous permet pas d’être complètement donnés à Dieu, d’être « attachés au Seigneur sans partage », comme le disait Paul dans le 2e lecture. Dès que cet homme voit Jésus, il se met à crier. L’esprit impur a reconnu l’ennemi qui va le terrasser. Le démon a senti la présence de la sainteté divine. Il tremble devant Celui qui va l’expulser. « Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? », nous dit saint Jacques. « Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur » (Jacques 2, 19).

Jésus, derrière ces vociférations, a entendu la souffrance du pauvre, du frère, du bien-aimé de Dieu : « Silence, sors de cet homme ! » Il vient débusquer nos complicités secrètes avec les ténèbres. Il vient nous délier de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes. Il vient restaurer notre liberté filiale. Contemplons en son visage l'image de l'infinie miséricorde du Père. Sa seule puissance, c'est celle de l'amour. L’amour et la bienveillance désarment le mal. " Silence ! " dit-il... Dans ce silence cet homme jadis tourmenté va renaître à la paix intérieure.

Avec les témoins stupéfaits de cette douce autorité victorieuse de toute mort, étonnons-nous au seuil du mystère: « Qu'est-ce que cela veut dire ? » Entrons dans le silence pour nous laisser délivrer par Le Seigneur et recevoir par Lui « les dons les meilleurs, les présents merveilleux, qui viennent d'en haut et descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières » (Jacques 1, 17).

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Cinquième dimanche ordinaire B

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Bible de la liturgie
05 février 2012
Job 7, 1-4.6-7
Psaume 146
1Corintiens 9, 16-19.22-23
Marc 1. 29-39

Le cri de Job est un appel obstiné et tragique vers Dieu. « Il désespère et il espère, il espère d'une espérance enragée, il blasphème  et il adore, il est pécheur et il est innocent, il en appelle à Dieu contre Dieu... », a pu écrire Paul Claudel. A la question de Job, à l'énigme du mal et de la souffrance, Dieu finira par répondre dans la personne de Jésus. Job concentre en lui toute la souffrance humaine. Jésus répond en la remplissant de sa présence.

Toute souffrance est incommunicable. Elle mure l'homme en lui-même, elle coupe le grand souffrant des autres par un gouffre. En Jésus, Dieu vient franchir l'abîme. Sa venue a été une descente dans l'enfer de la douleur. Il ne la supprime pas d'un coup de baguette magique. Il vient l'emplir de son mystère et de son innocence d'Agneau de Dieu. Il l'envahit de son esprit d'adoration. Il lui donne le signe plus, le signe de sa croix. Il vient vaincre le mal jusqu'à sa racine : la mort. Sa résurrection fera la clarté sur la nuit de la douleur. Elle ouvrira le Royaume où il n'y a plus ni mal, ni souffrance, ni mort.

Mais découvrons plutôt dans le texte de Marc, l'attitude de Jésus. Il enseigne, il guérit et il prie.

Jésus, l'homme de la parole.

L'évangéliste nous montre Jésus sortant de la synagogue où il a enseigné avec autorité au jour du sabbat et libéré un homme d'un esprit mauvais. De même, la fin de son récit nous montre le même souci : « Allons vers les villages voisins afin que, là aussi, je proclame la Bonne Nouvelle. »

Aujourd'hui plus que jamais, on redécouvre l'importance de la culture, de la formation et de la compétence intellectuelle. En étant d'abord un enseignant, Jésus prend en compte cet aspect important de la vie humaine. L'homélie du dimanche est loin de suffire à une vraie formation religieuse et à une connaissance nourrissante des Ecritures. Prenons donc les moyens qui nous sont offerts pour grandir dans une foi intelligente et approfondie.

Jésus, l'homme de l'action

Jésus guérit  la belle-mère de Simon-Pierre abattue par une forte fièvre, puis, le soir venu, tous les malades. Il s'attaque aux maux dont souffrent les hommes : le mal physique et le mal moral.

Aujourd'hui, avec Jésus, l'Eglise est soucieuse de se battre contre tout ce qui détruit la dignité et l'épanouissement de la vie de l'homme.
« S'étant approché de la malade, Jésus la prit par la main  et Il la fit se lever ». Par les sacrements de l'Eglise, Jésus ressuscité vient également nous donner la grâce qui nous sauve du mal.

Jésus l'homme de la prière

Enfin, n'est-ce pas étrange, au cours de la nuit raccourcie par l'afflux des malades, Jésus a pris sur son sommeil. Il s'est levé bien avant l'aube pour aller prier dans un endroit désert.

C'est que la prière personnelle, privée, dans le silence des choses et du cœur, était pour lui une nécessité urgente. C'est elle qui féconde ses paroles et ses actions, ses enseignements et ses gestes de guérison. Plus un être descend loin en lui-même, plus il augmente le poids de ses dires et de ses actes. Un homme qui ne prie plus « n'a plus de dedans », disait le philosophe Nicolas Berdiaef. Jésus est l'homme des profondeurs.

C'est dans l'enfoncement de la prière que nous trouverons, à notre tour, l'intime communion  avec le Père et en recevrons la seule véritable efficacité.

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Sixième dimanche ordinaire B

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Bible de la liturgie
12 février 2012
Lévitique 13, 1-2.45-46
Psaume 101
1 Corinthiens 10. 31-33; 11.1
Marc 1, 40-45

La lèpre dans la Bible fut le plus terrible fléau et le plus mystérieux. Le livre du Lévitique lui consacre deux chapitres entiers. Le législateur est surtout préoccupé de détecter les symptômes, non pas pour soigner le mal, ce dont ils étaient bien incapables à l’époque, mais pour exclure le malade de la communauté dont il met en danger la sainteté. Plus qu’une maladie, la lèpre est une impureté, un châtiment divin. Terrible est la condition du lépreux dans l’antiquité. Déclaré impur, il se retire à l’écart pour se lamenter sur lui-même, comme on pleure sur un mort. Il est exclu de toute relation humaine et de toute consolation religieuse. Avec les siècles, quelques adoucissements seront bien introduits. Mais il faudra l’arrivée de Jésus pour voir traiter le lépreux comme un frère aimé. Plus. Jésus se fera l’un d’eux, « …méprisé, abandonné de tous, homme des douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne…frappé de Dieu et humilié » (Isaïe 3,3-4).

Contemplons le récit que nous offre l’évangile. Devant ce malheureux, qui enfreint les prescriptions légales pour s’approcher, Marc note chez Jésus un regard de compassion. « Pris de pitié », écrit-il. Quel puissance d’accueil chez lui ! Rien ne le rebute, rien ne le dégoûte, rien ne l’effraie.  Si Dieu s’est enfoui dans la pâte humaine, s’il s’est fait proche de la chair putréfiée et du cœur pourri, c’est pour les irradier de sa sainteté, les épurer de son incandescente pureté.

Jésus ose davantage encore. Il y a ce roman d’une beauté poignante de l’indienne Arundhati Roy, - « Le Dieu des Petits Riens »-, qui montre ce qu’est le rejet du paria. Eh bien Jésus a ce geste scandaleux de toucher de sa main l’intouchable. Ets il lui dit : « Je veux, sois purifié ». Derrière la simplicité des mots de Marc sachons deviner l’abîme de l’Incarnation du Fils de Dieu, l’Humanité de Jésus porteuse de vie divine. Il est le Grand Sacrement de la rencontre de Dieu et de l’homme, dont tous les autres sacrements tirent leur efficacité. Il parle et il touche : on pense à, la main de Dieu, dans la fresque de Michel-Ange au plafond de la Chapelle Sixtine, cette main qui communique à celle de l’homme l’étincelle de la vie. Pour communiquer aux morts-vivants que nous sommes la purification divine, la sainte humanité de Jésus nous touche, nous atteint physiquement. Nous sommes plongés dans l’eau du baptême, nous mangeons le pain de l’eucharistie, tandis qu’une parole accompagne ces gestes corporels : « Je te baptise au nom du Père, du Fils, de l’Esprit » ; « Voici le corps du Christ ».
Le récit pourrait s’arrêter là, mais il rebondit. Jésus renvoie l’homme, et même quand on traduit de près le texte grec, il faut lire : « l’ayant rudoyé, il le jette dehors ».  Et comme il a imposé silence aux démons, il enjoint rudement au miraculé de se taire. ‘Ne dis rien à personne ». Pourquoi cette attitude déroutante ? Jésus craint peut-être l’enthousiasme irréfléchi des foules, la suspicion des malades. Mais ne faut-il pas aller plus loin ?

Ce n’est pas tant l’homme que Jésus rabroue, que le Malin. La lèpre est comme le rictus de Satan. La lèpre, pas celle du bacille de Hansen ou du virus du Sida, mais celle qui défigure l’humanité, celle qui gangrène le cœur humain, la lèpre du péché qui fait de tant de lieux sur la terre autant d’enfers Jésus n’a pas besoin qu’on s’arrête au spectaculaire, mais qu’on descende lentement jusqu’au mystère de sa personne. Le sauvetage radical qu’il propose ne peut se comprendre qu’à la lumière de sa mort et de sa résurrection. Il veut qu’on mesure ce qu’il en coûte de sauver l’homme du mal et de la mort.

Qu’attendons-nous de Jésus ? De quelle lèpre désirons-nous être purifiés ? Quelle maladie intérieure ronge en nous et la santé et la sainteté ? Demandons la grâce de la conversion. Et n’oublions pas tous les « lépreux » devant notre porte, tous ceux qui sont humiliés, méprisés, bafoués, maudits. « Va et fais de même », disait Jésus au légiste après la parabole du Bon Samaritain. Laissons l’amour en nous être plus fort que tout en découvrant en tout homme un frère.

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