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Calendrier liturgique 2016-2017 - Année A
| 8e dimanche A |1er Carême A |

 Sant François

 

 


 

Huitième dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
26 février 2017
Isaïe 49, 14-15
Psaume 61
1 Corinthiens 4, 1-5
Matthieu 6, 24-34

Une lecture rapide de l'évangile d'aujourd'hui nous induirait en erreur. Jésus aurait-il condamné l'argent? Aurait-il invité à l'indolence et l’oisiveté ? Aurait-il conseillé de ne pas prévoir et gérer les dépenses de son budget ? Non, bien évidemment.

« Aucun homme ne peut servir deux maîtres... Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l'Argent...» Voilà la clé qui ouvre le sens de cet évangile. Jésus ne condamne pas le fait d’avoir de l'argent mais bien « de servir l'argent ». Lui qui, à Nazareth, avait travaillé comme charpentier, lui qui a reproché au mauvais serviteur de ne pas avoir fait fructifier son argent à la banque dans la parabole des talents, ne condamne pas l’usage de l’argent mais bien l’asservissement à l’argent.

Cet esclavage de l'argent est le véritable cancer de nos sociétés. Notre civilisation est en train de se détruire elle-même, sous le rythme infernal que lui impose la course au luxe extrême, aux gadgets de toutes sortes. On gaspille les ressources de la planète afin d’augmenter les profits d’un petit nombre de spéculateurs. On continue le pillage des pays pauvres au profit des pays riches. La cupidité des boursicoteurs a provoqué la crise économique actuelle et a ruiné des millions de personnes. À cause de leurs décisions irresponsables, un nombre incalculable de gens ont perdu leur emploi dans tous les pays du globe.

Il semble par ailleurs que pour certains postes budgétaires, on trouve toujours des fonds disponibles, alors que d’autres on pratique des coupures substantielles. Les groupes de pression  des puissances d'argent sont omniprésents dans les couloirs des gouvernements. Combien de pays dépensent plus en armements qu’en éducation, en soins de santé ou en lutte contre la pauvreté. Combien délus ne cèdent pas à la corruption et à l'argent facile. L'argent est un merveilleux serviteur, mais un maître tyrannique. Il peut être un extraordinaire moyen, mais recherché comme seul but, il a des répercussions catastrophiques.

Jésus ajoute : « C'est pourquoi je vous dis: Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements.  La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? »  Le souci est une autre forme de l’asservissement qu’entraîne la richesse. L’Occident riche est statistiquement plus fragile aux infarctus, aux dépressions et aux suicides que le reste du monde.

On rend hommage à l’idole argent, en sacrifiant sur son autel la santé, les principes éthiques, la famille, les amis. Combien d’hommes et de femmes n’ont plus de temps pour leur famille ! «Personne ne peut servir deux maîtres : Dieu et Mammôn (càd. l’argent idolâtré). »

A la fin du texte, Jésus résume son enseignement en une formule: « Cherchez d'abord le Royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroit! » Cela doit être notre premier souci et non pas le dernier. Le Christ vient nous rappeler que notre vie est dans les mains de Dieu. Il est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui veut leur bonheur ; il tient à eux comme à son bien le plus précieux. Il prend soin des oiseaux du ciel et revêt les fleurs des champs. C’est pour nous un appel à agir du mieux que nous le pouvons  et puis, pour tout le reste,  de nous confier à Lui.

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Premier dimanche du carême A

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Bible de la liturgie
05 mars 2017
Genèse 2, 7-9 ; 3, 1-7a
Psaume 50
Romains 5, 12. 17-19
Matthieu 4, 1-11

C'est intentionnellement, je crois, que la liturgie de ce premier dimanche de Carême nous invite à relire deux récits de tentation qu'elle met en contraste, et même en opposition. Nous allons donc regarder ces deux récits et, à travers ces deux récits, considérer notre manière de nous situer, aujourd'hui, en fils de Dieu, puisque dans les deux cas, c'est de cela qu'il s'agit

La tentation de Jésus.

Voilà donc Jésus, qui a entendu, au jour de son baptême, la Parole qui le fonde dans son existence humaine : "Tu es mon Fils bien-aimé." Jésus est fils de Dieu. On peut mettre l'accent sur l'un ou l'autre des deux mots de cette expression. Il y a un choix à faire : ou bien il se situera en fils, ou bien il se comportera comme Dieu. Or, tout au long de son existence, il ne voudra être que « le fils de l'homme ». Il ne faudrait pas croire que Jésus n'a connu la tentation qu'au moment de la tentation au désert. C'est tout au long de sa vie qu'il l’a connue, tous les jours. Et ce n'était pas seulement le Tentateur, c'étaient tout son entourage, tous ceux qui étaient avec lui, qui le tentaient, qui lui apportaient chaque jour des raisons pour le faire céder. La tentation venait de Pierre, des disciples, de tous ses partisans, de toute la foule enthousiaste. Pierre, qui vient de lui dire : « Tu es le fils de Dieu », se met en travers de la route quand Jésus annonce que « le fils de l'homme » doit monter à Jérusalem pour y être arrêté, pour y mourir. Et Jésus le rabroue vivement : « Passe derrière moi, Satan. »

Donc, tout au long de sa vie, Jésus va avoir à affronter la même tentation : est-ce que je vais employer les moyens de la puissance, les moyens du sensationnel, employer des « trucs » pour convaincre les gens, les faire marcher avec moi et réaliser ainsi le salut de l'humanité, d'une manière éclatante et pleinement convaincante ? Jamais il ne cédera à la tentation. Il ne veut être que l'homme, pleinement, totalement dans la condition humaine, l'homme qui se bat contre toutes les forces du mal pour vaincre le mal. Dans l'expression « Fils de Dieu », Jésus privilégie donc le mot « fils » et il se comporte en fils obéissant.

La tentation d’aujourd’hui

Revenons maintenant à l'histoire de l'homme et de la femme, du serpent qui parle, des arbres du beau jardin et de ce fameux « fruit défendu ». De quoi s'agit-il ? D'une tentation. Quelle tentation ? L'homme et la femme (vous, moi) ont entendu Dieu leur dire : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Dieu a tout mis à leur disposition. La Bible raconte cela en un texte très imagé : le beau jardin arboré, les fruits merveilleux, le bonheur simple, l'arbre de vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Et ils vont connaître la même tentation que le Christ. Dans l'expression « Fils de Dieu », ils ne vont retenir que le mot « Dieu » : nous, on peut être des dieux. C'est cela que le serpent insinue quand il leur dit : Dieu, ce n'est pas celui que vous croyez. Vous le prenez pour un père ? C'est un rival. C'est un Dieu cruel, un Dieu jaloux, un Dieu qui a peur de vous. C'est un Dieu pervers. Et ce Dieu pervers, il vous faut le renier. Décidez par vous-même. Décidez de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. Ainsi, vous serez comme des dieux, décidant de ce qui est bien et de ce qui est mal. Et l'homme va tomber dans le panneau. Comme nous, toutes les fois, dans notre vie, où nous savons qu'objectivement telle chose est mauvaise, et où nous décidons qu'elle est bonne pour nous. On cède à la tentation.

Nous vivons dans un monde d'apostasie très large. Parlez avec les gens et vous verrez comment, même s'ils ne l'expriment pas, ils vivent en se passant très bien de Dieu. « Dieu pour quoi faire ? On peut très bien vivre sa vie sans Dieu ». Dans ce climat, allons-nous être de ceux qui veulent se conduire en « dieux », décidant de ce qui est bon et de ce qui est mauvais pour l'homme ? Ou au contraire, allons-nous vivre à contre-courant, nous conduisant en « fils » aimants, nous appuyant uniquement sur la Parole d'amour entendue, à l'exemple du Christ ?

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