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Calendrier liturgique 2016-2017 - Année A
| 2e dimanche A |

 Sant François

 

Deuxième dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
15 janvier 2017
Isaïe 49, 3.5-6
Psaume 39
1 Corinthiens 1, 1-3
Jean 1, 29-34

Jean-Baptiste désigne  Jésus par ces mots : « Voici l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette expression, nous la répétons de nombreuses fois chaque dimanche, lorsque nous célébrons l'Eucharistie. Réfléchissons quelques instants pour nous demander ce que signifie cette expression, afin de ne plus la dire machinalement.

« L'agneau de Dieu » : l'expression fait d'abord référence à des textes importants de la Bible. Le premier, c'est au livre d'Isaïe, au chapitre 53. Si vous avez une Bible, je vous invite à lire ce chapitre, où le prophète parle d'un « serviteur de Dieu ». On ne sait pas de qui il s'agit: de lui-même, ou du peuple d'Israël, ou du Messie. En tout cas, des siècles avant Jésus-Christ, il décrit comme s'il y assistait la passion de Jésus. Il dit : « Comme un agneau qu'on mène à l'abattoir, il n'a pas ouvert la bouche...Nous l'avons vu, il n'avait ni beauté ni éclat, le dernier des hommes, un homme voué à la souffrance ». Donc, en entendant Jean-Baptiste, ses auditeurs pensent tout de suite au Serviteur de Dieu, le Messie.

« Agneau de Dieu » : l'expression fait également référence à un épisode central de l'histoire sainte : le passage de la Mer Rouge. Juste avant de fuir la terre de l'oppression pour passer dans la terre de la liberté, vous vous rappelez comment les Israélites ont tué un agneau dans chaque famille, ont pris le sang de l'agneau pour badigeonner la porte de leurs maison, puis ont mangé l'agneau. Depuis cette première « pâque », et jusqu'à aujourd'hui, on célèbre toujours le mémorial du « passage » en mangeant l'agneau pascal.

Pourquoi le rituel juif a-t-il repris cette tradition de l'agneau ? Parce que, d'abord, l'agneau est la nourriture habituelle des nomades. Mais également parce que l'agneau est le symbole de la victime innocente, et le symbole de la non-violence. On dit, encore aujourd'hui, « doux comme un agneau ». Donc, en désignant Jésus comme l'agneau de Dieu, il le présente comme quelqu'un qui se place du côté des victimes, qui ne résistera pas à ceux qui lui volent sa vie. Et qui dénonce, par son attitude, toutes les attitudes de violence, d'oppression, toutes les conduites meurtrières de l'humanité.

Il est l'agneau de Dieu. Et, deuxièmement, il enlève (il porte) le péché du monde. Pas le péché d'Israël, son peuple, mais le péché DU MONDE ENTIER. Aujourd'hui, le péché de ceux qui « pensent rendre gloire à Dieu » en lapidant des femmes en Somalie ou en égorgeant des mécréants en Syrie.. Drôle de manière de rendre gloire à Dieu ! Mais pas seulement le péché de Somalie ou d'Afghanistan. Egalement le péché de Washington, de Paris, de Téhéran et de Bruxelles, de Londres et de Pékin... complétez la liste, et n'oubliez pas notre péché, à nous, habitants de cette ville. Nous sommes tous dans le péché du monde. Il n'y a qu'un seul juste, Jésus, l'agneau sans tache. Lui, le seul juste, qui vient pour porter le péché du monde, et pour le détruire. Et pour cela, il ira jusqu'à accepter qu'on lui prenne sa vie. C'est-à-dire, qu'on lui fasse la suprême violence, à lui, le juste, sans péché. L'apôtre Paul, évoquant la passion du Christ, dira : « Il s'est fait péché pour nous ».

 Et là encore il nous faut changer nos manières de voir. Parce que souvent nous pensons Dieu tout-puissant, Dieu juge, Dieu punisseur, alors que nous voyons, en Jésus image du Père, Dieu-victime. Non seulement Dieu du côté des victimes, mais Dieu qui accepte de se laisser tuer par le péché, parce que tout péché, c'est la négation de Dieu, c'est le refus de Dieu, c'est la mort de Dieu. Eh bien, Dieu accepte cela de nous. Justement pour prendre sur lui notre propre péché et nous en libérer.

Ce qui veut dire, pour nous, baptisés, plongés dans l'Esprit de Dieu, qu'il nous faut faire un choix, et nous demander de quel côté nous sommes. Du côté des oppresseurs, du côté de la violence, quelle qu'elle soit ? Pas seulement de la violence à coups de bombes : on peut être violent en paroles, et par là, blesser et même tuer. Est-ce que nous sommes du côté de la violence, ou du côté des victimes ?

 

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