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Calendrier liturgique 2016-2017 - Année A
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 Sant François

 


 

 

 

Quatrième dimanche de carême A

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Bible de la liturgie
26 mars 2017
1 Samuel 16, 1b.6-7.10-13a
Psaume 22
Ephésiens 5, 8-14
Jean 9, 1-41

Au tiercé des candidats au trône, le petit roux aux yeux bleus n’avait aucune chance. Le dernier-né de Jessé, le huitième, n’était d’ailleurs qu’un jeune adolescent. Samuel, le prophète, ne songeait pas à lui... Mais c’est le benjamin qui fut choisi : David ! Un bien mauvais choix aurait dit les spécialistes ou les frères évincés. Une imprudence et une folie ! Mais Dieu ne juge pas selon les apparences humaines. Le Seigneur regarde le coeur. « L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là » (1ère lecture), au point qu’il devint une lumière pour son peuple.

Etrange lumière d’ailleurs : elle ne jaillit pas des ressources de la connaissance ni de l’habileté du pouvoir, mais bien de cette intelligence du coeur qui se nourrit de l’intimité avec Dieu. Nous voici donc invités à nous laisser éclairer par la lumière véritable pour devenir à notre tour petite lampe qui produit dans l’obscurité du monde « bonté, justice et vérité » (2ème lecture).

Le mendiant des souks de Jérusalem était né aveugle. Il ne pouvait voir la lumière. Jésus, pourtant, refait pour lui le geste du créateur. Car cet homme né dans les ténèbres est le vivant symbole de l’humanité plongée dans la nuit de l’incroyance. Jésus pétrit de la boue pour en faire un homme nouveau. Il va le faire naître de l’obscurité à la lumière. Il va le faire passer de l’ignorance à la confiance.

L’homme accepte de se laisser envoyer à la piscine de Siloé. Il est recréé voyant par l’eau qui régénère.

Il devient alors le témoin de Celui qui l’a fait voir en racontant ce qui lui est arrivé. Et de proche en proche, la parole de l’aveugle guéri s’affermit. Après les doutes des voisins, ce sont les refus réitérés des pharisiens, qui jugent Jésus sur l’observance du sabbat telle qu’ils la comprennent. La défiance s’installe, alors que grandit la foi de l’ancien aveugle. Il est frappant de constater que Jésus que Jésus n’est présent, dans cette scène d’évangile, qu’au début et à la fin. Au cours du véritable procès qu’on lui intente, il est absent. Et c’est l’aveugle qui devient son représentant dans le monde incroyant.

Les parents à leur tour se dérobent. Quand leur fils est exclu de la communauté, Jésus l’accueille. Et c’est de cette rencontre personnelle que peut vraiment s’épanouir la véritable joie de croire. On croirait déjà entendre, dans ce dialogue, la liturgie baptismale de la nuit de Pâques :

- « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
- Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
- « Tu le vois, et c’est lui qui te parles. »    - « Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui. »

Nous avons toujours à poursuivre notre initiation baptismale. Nous avons à nous laisser abreuver de l’eau vive de sa parole, comme la Samaritaine de dimanche dernier, pour célébrer avec lui le culte en esprit et vérité. Nous sommes invités, particulièrement en Carême, à renaître d’eau et d’Esprit Saint, pour, le regard purifié, accéder à la claire vision de Jésus. Ainsi, nous serons les témoins de la transfiguration qu’il opère en nous.

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Cinquième dimanche de carême A

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Bible de la liturgie
02 avril 2017
Ezéchiel 37, 12-14
Psaume 129
Romains 8, 8-11
Jean 11, 1-45

Le récit de la résurrection de Lazare est tout frémissant d’amitié humaine. « Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare », rapporte saint Jean. Il nous montre tout au long de cette longue marche vers le tombeau de Lazare, l’altération des traits de Jésus : la tristesse, l’émotion, le frémissement qui prélude à la crise des larmes. Gagné par la contagion de la douleur, chaviré par le drame terrifiant de la mort, Jésus finit par pleurer. Il pleure, mais  pas de ces sanglots bruyants que l’Orient aime faire entendre autour de ses deuils (en grec = « klaien »). Jésus laisse couler les larmes silencieuses (en grec = « dakruein »), celles que verse un homme dont le coeur est brisé. Un homme qui, dans sa douleur, reste pourtant maître de lui.

Pourquoi Jésus pleure-t-il ? Parce qu’à certaines heures, c’est la seule façon qu’il nous reste d’aimer et de prier. Fraternel et sensible à l’extrême, il y exprime toute sa douleur devant la mort d’un ami. Mais, en même temps, ces pleurs ont une portée bien plus profonde. Jésus voit encore dans la tombe de Lazare l’annonce de sa propre mort, imminente. Mais surtout, il verse les larmes de Dieu devant la mort, qu’il n’a pas voulue, et qui sépare les êtres. Il se trouve, en cet instant, face à l’Adversaire. A son Adversaire. Lui, la vie, le Seigneur de la vie, venu en ce monde pour donner la vie, il va devoir affronter la mort, sa mort.

Sa vie, donnée en toute liberté, va briser le cercle infernal, ouvrir l’homme à la grande espérance. Ce n’est pas Lazare seulement qu’il faut faire sortir de la mort, c’est l’humanité entière qu’il faut arracher à l’Adversaire. Ce sont tous les hommes qu’il veut ravir aux griffes de la mort redoutable du péché.

Signe de la mort de Jésus, Lazare est aussi signe de sa résurrection. « Je suis la résurrection et la vie »... Paroles immenses, elles ont une résonance d’éternité. Dans le grand hiver qui s’attarde encore sur les plaines humaines, le printemps a déjà fait explosion dans le coeur de Jésus. Le Galiléen, après avoir connu la mort et traversé le royaume des enfers, a manifesté au matin de Pâques sa condition solaire de Fils de Dieu. Il s’affirme comme l’homme intégral, le Nouvel Adam. Il est l’homme debout, vivant tout entier de la vie même de Dieu, dans un univers repris de fond en comble par le souffle de l’Esprit créateur.

« Tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? » Cette vie n’est pas pour demain ni pour l’au-delà. Elle est accordée aujourd’hui à celui qui croit. Elle traverse, intacte, la mort. Car elle est communion de vie éternelle avec Dieu. Elle est semence cachée, mais active de résurrection.

La mort, avec son horrible odeur de putréfaction, est bien le signe de la mort totale où nous plonge le péché. Mais Lazare, pécheur aimé de Jésus, du plus profond du royaume de la mort, entend son cri : « viens dehors ! » Il revient du tombeau, comme le baptisé remonte de la piscine baptismale.

Avec Marthe, passons de la mort à la vie, en confessant la foi pascale de notre baptême : « tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

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