Solennité de l'Assomption

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Il élève les humbles

Le 10 mai dernier, nous célébrions l’Ascension. Aujourd’hui, c’est la fête de l’Assomption qui nous rassemble. Avez-vous delà noté que fréquemment les enfants confondent les deux mots ? Il est vrai qu’ils se ressemblent. De plus, dans un cas comme dans l’autre, c’est une montée vers le ciel et une entrée dans la « gloire de  Dieu »  qui sont au centre de la célébration. Il est donc assez normal de voir un rapprochement entre l’Ascension de Jésus et l’Assomption de Marie, sa mère.

Bien plus, mettre en rapport ces deux fêtes permet de mieux dégager le sens de la commémoration d’aujourd’hui. On pourrait dire, en méditant l’Ascension de Jésus, qu’elle reste - tout étonnante qu’elle soit ! - dans l’ordre des choses. Comment cela ? penserez-vous. Dans ce sens qu’au terme de son existence terrestre, il fallait bien que le Fils de Dieu retourne à la gloire, à la vie trinitaire avec le Père et l'Esprit Saint. D’où en résulite cet effacement du regard des hommes.

Marie nous précède dans la gloire

Qu’un semblable départ couronne la vie de la Vierge Marie surprend davantage. N’est-elle pas, comme nous, une simple créature ? C’est par là, précisément, que la fête nous concerne. En effet si Marie - qui est l’une de nous - se voit ainsi introduite dans la vie même de Dieu, comment ne serions-nous pas appelés, à notre tour, à entrer dans cette même destinée  ?

Ainsi donc, au moment même où nous fêtons Marie, nous célébrons aussi ce salut dont Dieu couronnera nos vies, nous fêtons notre propre salut. Marie, en entrant dans la gloire tout comme son Fils, voit se réaliser en elle ce qui est notre avenir.

Marie nous visite de l’intérieur

Ce départ signifie encore autre chose, et qui nous est indiqué par le choix de l’évangile de sa fête. Son Assomption est une Visitation. Quand Marie était visible, femme de notre terre, adonné aux mille travaux d’une paysanne galiléenne, on ne pouvait la rencontrer que dans les rues de son village, dans les monts de Judéen se déplaçant à pied, ou sur le dos d’un petit âne. Maintenant qu’elle « a été prise dans la gloire », elle n’a plus besoin de voyager. Dans la communion des saints, elle nous visite de l’intérieur, sur place.

L’Assomption, c’est une visite de Marie au-dedans de nous, dans nos maisons, dans nos paroisses, partout où Dieu demeure. Elle a quitté la surface, le visible superficiel, mais c’est pour rentrer dans la profondeur, en Dieu ! Alors, dans la foi et dans la joie, redisons pour nous le mot d’Elisabeth : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ! »

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