Cinquième dimanche de Pâques B

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Qu’est-ce être chrétien ? Comment devenir disciple de Jésus ?

C’est à cette question qu’avaient commencé à répondre les deux premiers disciples de Jésus, lorsque le Baptiste leur désignait Jésus en disant : « Voici l'Agneau de Dieu. » (Jean 1, 36.) La question posée à Jésus par les deux disciples avait alors été : « Où demeures-tu ? » et sa réponse : « Venez et vous verrez. » Ils ont suivi Jésus pendant sa vie publique, ils ont vu où il demeurait, et ils ont cru en lui.

Maintenant,  il leur faut aller plus loin. C'est pourquoi, dans l'extrait de l'Évangile de Jean qui nous est proposé aujourd'hui, Jésus achève d'expliquer à ses disciples ce qu'est être son disciple. Nous sommes lors du dernier repas. Judas vient de sortir pour le livrer. Jésus fait ses adieux et donne les dernières recommandations à ses amis. Il leur apprend comment vivre en son absence, comme disciples.

L’image de la vigne a pour but de faire entrer les disciples dans la relation qu'ils doivent avoir avec lui. Une relation de grande proximité, malgré l'absence, car elle se vit dans la communion. « De même que le sarment ne peut porter du fruit par lui-même s'il ne demeure sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. » La fécondité des disciples dépend de leur proximité avec le Christ. En restant liée au Seigneur, l'Église porte du fruit. « Demeurez en moi, comme moi en vous. » « Où demeures-tu ? », avaient demandé les deux disciples. Puisqu'ils ont manifesté dès le commencement leur souci de suivre Jésus là où il demeurait, il leur faut maintenant garder ce désir de demeurer avec lui : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. »

Ce que les premiers disciples découvrent nous concerne aussi. Comme chrétiens, la première des exigences concerne notre relation avec le Christ. Elle est faite d’un lien vital, profond, dans la confiance. C’est uniquement dans une intimité unique avec le Christ que nous pourrons véritablement porter du fruit. Et cette intimité ne peut se vivre que par la fréquentation assidue de sa Parole dans la Bible, que par l’accès aux sacrements et, j’en suis totalement convaincus, à la suite de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix, que par l’oraison quotidienne, longue et fréquente.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit. » Le fruit le plus précieux que nous portons n'est finalement que celui que nous acceptons de recevoir dans la prière : l'amour. « Voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus-Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. » On ne peut répondre à l'amour que par l'amour, nous dit la première lettre de Jean. Un amour qui nous tourne vers Dieu et vers les autres. Mais pas de façon immatérielle, abstraite mais « par des actes et en vérité. » Le disciple sait que demeurer en Dieu passe par l'amour concret qu'il a pour ses frères et sœurs en actes et non en paroles seulement.

La première lecture nous propose comme exemple de disciple la personne de Paul. Après avoir cherché à combattre la foi chrétienne dans ses premiers germes, voilà qu'il fait l'expérience bouleversante de la rencontre avec le Christ. Et après avoir ensuite rencontré l'Église par Ananie qui a lémouvante audace de l’appeler « Saül, mon frère » il reçoit guérison et Esprit Saint et pourra alors témoigner de celui qu'il a rencontré et qui a changé sa vie. Il demeure dans le Christ comme le Christ demeure en lui, et cela se voit et s'entend : « Paul allait et venait dans Jérusalem avec les apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. »

Soyons des hommes et des femmes qui vivent, par la prière et par l’écoute de la Parole, en communion avec le Christ, branchés sur lui comme le sarment sur la vigne. Soyons des témoins de l'amour de Dieu, non par de simples paroles mais « par des actes et en vérité. » Nous pourrons alors entendre Jésus nous dire : « Ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

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