30e dimanche dans l'année B

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C’est une expérience poignante que d’être témoin de la foi pure et lumineuse d’un homme. L’audace produit souvent des miracles inattendus. La sérénité de certaines personnes handicapées ou frappées par un deuil cruel est une raison de ne pas sombrer dans le pessimisme. Plus grande encore est la confiance d’un homme blessé par la vie et qui s’approche de Dieu en implorant sa miséricorde. « Un pauvre a crié, Dieu écoute », dit le psaume. Et Jésus ajoute doucement : « Va, ta foi t’a sauvé ».

Toutes nos relations reposent sur la foi : vie conjugale, éducation des enfants, amitiés, collaboration au travail. Dès qu’on a plus confiance les uns dans les autres, les relations s’effondrent. Par contre, la patience et le respect mutuel permettent de tisser des liens d’amitié qui sont des éléments les plus féconds et heureux de l’existence. Il en va de même avec Dieu. Lui ne manque pas de foi en nous. C’est nous qui sommes secrètement défiant à son égard : c’est la vieille cicatrice du péché...

Saint Marc nous présente un pauvre qui a du mal à se faire entendre. Les migrants, les handicapés, les sans emploi, les victimes de toute sorte n’ont guère voix au chapitre non plus, dans notre monde. Comme l’aveugle Bartimée, nous n’avons pas davantage vu le visage de Jésus. Par la foi, nous croyons au témoignage de ceux qui l’ont connu. Mais « voir Dieu » : tout est là ! Voir Dieu « les yeux dans les yeux » (Isaïe 52,8), tel fut le désir le plus profond de l’Ancien Testament.

Dieu s’est laissé regarder en Jésus Christ. Le premier visage que découvre Bartimée est celui de Jésus. La foi ouvre nos yeux. Désormais, on ne voit plus que Jésus, en attendant de le contempler de nos yeux de chair au jour du grand passage à Dieu !

Nous croyons le jour où Dieu devient Quelqu’un dont nous nous laissons aimer. Mais attention, la foi est d’abord une grâce. Elle est donnée par Dieu. Ce qui dépend de nous, c’est de répondre avec une confiance d’enfant. Bartimée fait une sorte de bondissement de tout son être vers Dieu. Alors, il ose lui demander l’impossible : voir, voir Dieu. Et Jésus le lui accorde à cause de cet élan.

Ce n’est pas le miracle qui est important dans cette rencontre. Jésus ne lui dit pas : « ta foi t’a rendu la vue ». Il constate : « Ta foi t’a sauvé ». Ce qui signifie qu’entre toi et moi, parce que tu as cru, existe pour toujours un lien d’amitié qui te conduit, dès aujourd’hui, dans le coeur même de Dieu.

Bartimée devient disciple, « il suivait Jésus sur la route ». Il prend le chemin qui, par la croix qui scande nos vies, ouvre l’accès à la vraie communion de salut avec Jésus, pour l’éternité. Quand nos yeux s’ouvriront-ils ? Viens, Seigneur Jésus !

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