Nativité de Jean Baptiste

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L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. A ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, on peut donner un même titre, la Noël d’hiver pour Jésus et la Noël d’été pour Jean… Mais pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste ? La fête de tous les autres saints est célébrée le jour de leur mort, c’est-à-dire le jour de leur naissance au ciel, de leur naissance à la vie éternelle. Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la fête de la Nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard.

Alors, pourquoi ce privilège donné à Jean Baptiste ?

Parce qu’il a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand il tressaillit d’allégresse devant le Messie que portait en elle Marie. Le petit Jean de 6 mois était déjà en train de « rendre témoignage à la lumière afin que tous croient par lui » (Jean 1,7). Les moines médiévaux qui firent construire la basilique de Vézelay  ont joué sur ce symbolisme de la lumière. Au moment où le jour est le plus long, le 24 juin, l'Eglise invite à fêter la Nativité du Baptiste. « Parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste » (Matthieu 11,11). Ce jour le plus long de l'année illustre la grandeur du précurseur. C'est à ce moment que se dessine dans la basilique, au pavement de la nef plongée dans un clair obscur, un chemin de lumière (à 12.00 heure solaire, soit 14.00, heure d’été), qui conduit au chœur circulaire et lumineux, symbole de la lumière du Christ. « Celui-là (Jean-Baptiste) n'était pas la lumière » (Jean 1,8). Il ne faut pas s'arrêter à Jean-Baptiste lui même, il en désigne un autre, il montre la route vers un autre. Sitôt la fête passée, les jours cessent de rallonger et bientôt vont raccourcir. « Il faut que lui (Jésus) grandisse et que moi (Jean-Baptiste) je diminue » (Jean 3,30.)

La lumière telle que nous la connaissons ici-bas, ne peut pas croître indéfiniment, elle a une limite, un solstice. Mais ce n'est pas un sujet de tristesse pour autant. « L'ami (Jean-Baptiste) de l'Epoux (Jésus) qui se tient là et qui l'entend est ravi de joie à la voix de l'Epoux. Telle est ma joie et elle est complète » (Jean 3,29). Ce chemin qui mène au chœur et que nous voyons à la Saint Jean est le secret de la joie.

Mais à Noël, quand les jours sont les plus courts, mais qu’ils vont bientôt commencer à s’allonger, l'Eglise célèbre la Naissance de Jésus. Celui qui naît à Noël, c'est lui la lumière. Et là nulle limite, aucune nuit ne met fin au jour que nous apporte Jésus-Christ. Pas même la mort.

Ne sommes-nous pas chacune et chacun appelé à préparer le chemin du Seigneur ? Comment ? De deux manières me semble-t-il. - Être « une voix qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Isaïe 40,3). Notre vocation de baptisé, de consacré ou de prêtre est d’annoncer en mots et par toute notre vie notre raison de vivre : Jésus. De semer sa parole. De témoigner de son Amour. Sans vouloir en voir les fruits, sans chercher à en tirer une gloire ou un profit personnel. « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire », répliquait Bernadette Soubirous à ceux qui mettaient en doute son témoignage sur les apparitions de Lourdes…

Jean est le modèle du témoin de la présence discrète de Dieu dans ce monde de bruit et de fureur. - Laisser Jésus grandir en nous. Il faut laisser disparaître notre moi égocentrique pour laisser transparaître le Christ en nous. C’est la présence de Jésus en nous qui touche le cœur de nos frères. Rien d’autre. Et pour cela, il nous faut plonger dans les profondeurs de la prière pour devenir des hommes et de femmes qui réfléchissent la lumière de Dieu.

Voici la Saint Jean d’été, la belle journée où crépitent les feux de joie ! « Et toi, petit enfant, on t'appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, …Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter » (Luc 1, 77-78).

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