Quatrième dimanche de Pâques B

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Le fil rouge des différentes lectures de ce dimanche nous est donné à la lumière de la personnalité de Jésus. Les apôtres veulent en faire pressentir l'infinie richesse à leurs compatriotes. Ces derniers attendaient le Messie. Certains avaient espéré que Jésus pouvait être l'un des sauveurs de cette période qui connaissait tant de rébellions contre l'occupant romain. Ils sont décontenancés par ce qu'en disent Pierre et les autres disciples : « Il est le seul qui puisse nous sauver ». Or il ne l'a pas fait. Le salut qu'apporte Jésus ne correspond ni à leur espérance libération terrestre ni à la figure du Messie qu'ils ont élaborée au travers des Ecritures.

La communauté chrétienne, elle, a recueilli la révélation reçue. Mais ses attentes ont encore besoin d'être élargies, approfondies et purifiées. Saint Jean n'hésite pas à reprendre les termes même de Dieu au jour de la création de l’homme et de la femme (Genèse 1. 26) « Nous serons semblables à lui. » Non pas en raison de nos propres forces, mais « parce que nous le verrons tel qu'il est. » La mission de Jésus est de nous introduire dans la « maison du Père », de nous conduire au cœur de la Trinité, de nous mener à la source d’eau vive, parce qu'il est le vrai berger.

Son amour en est la garantie : « Le Père m'aime parce que je donne ma vie … je donne ma vie pour mes brebis. » Il n'est là aucun appétit de puissance. Il n'y a là qu'un débordement d'amour. Ne se trouve là que Quelqu’un qui porte sur les êtres un regard d’infinie bienveillance, qui fait découvrir à chacun son identité profonde et son éminente dignité.

L'oraison qui ouvre la liturgie de ce dimanche le dit avec une parfaite simplicité : « Guide-nous jusqu'au bonheur du ciel. Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son pasteur est entré victorieux. » Fréquemment, dans l'Ancien Testament, il est dit que Dieu est le berger de son Peuple. Cette comparaison s'enracine dès Abraham et son départ d'Ur en Chaldée, en passant par Moïse le berger qui reçoit la révélation au Buisson ardent dans le désert, jusqu’à David le petit pâtre de Bethléem.

Mais la parabole du pasteur, pour Jésus, mène plus loin que la reprise de ce thème biblique. Il n'est pas seulement un conducteur de son peuple. Il est plus que cela. Entre le Père et Jésus le Chrisdt, le Fils Unique dans l'Esprit, la réciprocité d'amour est telle qu'elle devient source de vie pour tous les hommes sans exception. La Bonne Nouvelle aux yeux de saint Jean (1 Jean 3. 1), c'est que soit étendue à tous cette connaissance personnelle, parfaite et intime qui existe entre Jésus et son Père, à tous les hommes, même à ceux qui ne sont pas de cette bergerie. Jésus nous conduit à la découverte de la vie partagée avec Dieu. « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Le monde ne peut pas nous connaître parce qu'il n'a pas découvert Dieu. »

L'Eglise n'est pas d'abord et seulement un rassemblement d'hommes qui pensent la même chose et partagent les mêmes croyances. Elle est à la fois et la communauté du petit nombre d’hommes et de femmes qui vivent une communion de pensée de cœur avec Dieu dans le Christ Jésus, et la foule immense de celles et de ceux que Jésus veut introduire dans son intimité.

Que cette eucharistie nous aide à vivre chaque jour une existence basée sur des liens de service, de bienveillance et de respect réciproques avec nos proches. Amen.

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